Homéopathes Sans Frontières
France
Ouvrir à tous l’accès aux soins

Accueil du site > ACTUALITÉS... > L’homéopathie est efficace d’après un rapport fédéral suisse

L’homéopathie est efficace d’après un rapport fédéral suisse - 2/05/2014

L’Homéopathie est efficace d’après un rapport fédéral suisse.

Il s’agit de la plus vaste étude jamais réa­li­sée par une entité offi­cielle sur l’homéo­pa­thie. Et elle a conclu non seu­le­ment que l’homéo­pa­thie est effi­cace, mais également qu’elle est beau­coup plus économique que la méde­cine conven­tion­nelle. Ce Rapport du Gouvernement Suisse remis en 2006 a été publié sous forme de livre en 2011.Nous en repro­dui­sons ci-des­sous une syn­thèse par Dana Ullmann, MPH homéo­pa­the à Berkeley en Californie (USA) et auteur de plu­sieurs ouvra­ges sur l’homéo­pa­thie.

Rapport remarquable du Gouvernement Suisse concernant la médecine homéopathique : Extraits

par Dana Ullman Traduction : J.M. Danze (mars 2012)

« Le Gouvernement Suisse a une longue his­toire lar­ge­ment res­pec­tée de neu­tra­lité. C’est pour­quoi les rap­ports de ce gou­ver­ne­ment concer­nant des sujets contro­ver­sés doi­vent être plus sérieu­se­ment pris en compte que des rap­ports émanant d’autres pays plus for­te­ment influen­cés par les contin­gen­ces économiques et poli­ti­ques pré­sen­tes. Lorsqu’on consi­dère que deux des cinq plus impor­tan­tes socié­tés phar­ma­ceu­ti­ques du Monde ont leur quar­tier géné­ral en Suisse on pour­rait sup­po­ser que ce pays pour­rait avoir un inté­rêt puis­sant et des inci­tants vis-à-vis de la méde­cine conven­tion­nelle, mais ces sup­po­si­tions s’avè­rent faus­ses. Au cours de la fin de l’année 2011, le Rapport du Gouvernement Suisse concer­nant la Médecine Homéopathique repré­sente l’évaluation la plus com­plète de la méde­cine homéo­pa­thi­que jamais rédi­gée par un gou­ver­ne­ment et elle vient d’être publiée en langue anglaise sous forme de livre [Bornhoft and Matthiessen, 2011]. Ce rap­port révo­lu­tion­naire affirme que l’homéo­pa­thie est à la fois effi­cace et bon marché et que les trai­te­ments homéo­pa­thi­ques doi­vent être rem­bour­sés par le pro­gramme natio­nal suisse d’assu­ran­ces de santé. L’enquête du Gouvernement Suisse concer­nant les trai­te­ments par homéo­pa­thie, par méde­ci­nes com­plé­men­tai­res et alter­na­ti­ves (CAM) a résulté en Suisse, de la demande impor­tante et de l’usage lar­ge­ment répandu des méde­ci­nes alter­na­ti­ves conjoin­te­ment à la méde­cine conven­tion­nelle. Ceci, non seu­le­ment au niveau des consom­ma­teurs, mais aussi des méde­cins. Approximativement, la moitié de la popu­la­tion suisse uti­lise des trai­te­ments de méde­cine alter­na­tive et les appré­cie. De plus envi­ron la moitié des méde­cins suis­ses jugent les­trai­te­ments par méde­ci­nes alter­na­ti­ves effi­ca­ces. Ce qui est pro­ba­ble­ment plus signi­fi­ca­tif,c’est que 85 % de la popu­la­tion suisse demande que les thé­ra­pies par méde­ci­nes alter­na­ti­ves fas­sent partie du pro­gramme des assu­ran­ces de santé de leur pays. C’est pour­quoi il n’est pas sur­pre­nant que plus de 50 % de la popu­la­tion suisse consul­tée pré­fè­rent un hôpi­tal qui offre des trai­te­ments par méde­ci­nes com­plé­men­tai­res à un hôpi­tal qui se limite à des soins de méde­cine conven­tion­nelle. Au début de 1998, le Gouvernement Suisse a décidé d’étendre son assu­rance natio­nale de santé en y incluant cer­tai­nes méde­ci­nes alter­na­ti­ves com­plé­men­tai­res com­pre­nant la méde­cine homéo­pa­thi­que, la méde­cine chi­noise tra­di­tion­nelle, la phy­to­thé­ra­pie, la méde­cine anthro­po­so­phi­que et la neural-thé­ra­pie. Ce rem­bour­se­ment était pro­vi­soire jusqu’à ce que le Gouvernement Suisse ait dili­genté une étude exten­sive concer­nant ces trai­te­ments, afin de déter­mi­ner s’ils sont effi­ca­ces et à des prix acces­si­bles. Le rem­bour­se­ment pro­vi­soire de ces trai­te­ments alter­na­tifs a pris fin en 2005, mais il résulte de l’étude actuelle que le pro­gramme suisse d’assu­ran­ces de santé a recom­mencé à rem­bour­ser les trai­te­ments homéo­pa­thi­ques et a fait une sélec­tion parmi les trai­te­ments alter­na­tifs.

En fait, un réfé­ren­dum natio­nal au cours duquel plus des 2/3 des votants ont appuyé l’inclu­sion de la méde­cine homéo­pa­thi­que et d’une sélec­tion de trai­te­ments alter­na­tifs dans le pro­gramme d’assu­ran­ces natio­na­les de santé suisse a fait que les méde­ci­nes com­plé­men­tai­res et alter­na­ti­ves sont inté­grées dans la cons­ti­tu­tion de ce gou­ver­ne­ment [Dacey, 2009 ; Rist, Schwabl, 2009].

L’Evaluation des Technologies de Santé du Gouvernement Suisse

L’Evaluation des Technologies de Santé concer­nant la Médecine Homéopathique est beau­coup plus com­plète que tous les autres rap­ports gou­ver­ne­men­taux anté­rieurs rédi­gés jusqu’ici sur ce sujet. Ce rap­port ne passe pas seu­le­ment soi­gneu­se­ment en revue de manière com­plète le corpus de preu­ves d’essais cli­ni­ques en double aveu­gle, ran­do­mi­sés et contrô­lés contre pla­ce­bos ayant servi à tester l’homéo­pa­thie, mais il évalue également "l’effi­ca­cité réelle au niveau mon­dial" ainsi que la sécu­rité et le coût réel. Le rap­port a également mené une revue très com­plète du vaste corpus de recher­ches pré-cli­ni­ques (recher­ches phy­sio­bio­chi­mi­ques, études bota­ni­ques, études sur ani­maux et études in vitro sur des cel­lu­les humai­nes). Ce rap­port a également évalué les revues sys­té­ma­ti­ques et les méta-ana­ly­ses, les résul­tats d’études ainsi que les recher­ches épidémiologiques. Cette revue a soi­gneu­se­ment évalué les études menées à la fois en termes de qua­lité du modèle et de l’exé­cu­tion (appe­lée"vali­dité interne") et la manière dont cha­cune pou­vait s’adap­ter à la pra­ti­que com­mune de l’homéo­pa­thie (appe­lée "vali­dité externe"). Le sujet de la vali­dité externe est d’impor­tance par­ti­cu­lière parce que cer­tains scien­ti­fi­ques et méde­cins ont mené des recher­ches sur l’homéo­pa­thie avec une com­pré­hen­sion très faible, voire nulle, de ce type de méde­cine (cer­tai­nes études ont testé un médi­ca­ment homéo­pa­thi­que rare­ment uti­lisé dans les condi­tions du test, tandis que d’autres ont uti­lisé des médi­ca­ments non com­mu­né­ment indi­qués pour des patients spé­ci­fi­ques). Lorsque de telles études ont montré iné­vi­ta­ble­ment que le médi­ca­ment homéo­pa­thi­que "n’agis­sait pas", l’évaluation réelle et pré­cise devait être que ces études étaient mises au point pour dis­cré­di­ter l’homéo­pa­thie… ou sim­ple­ment, que l’étude était un test explo­ra­toire qui ten­tait d’évaluer les résul­tats d’un nou­veau trai­te­ment (les essais explo­ra­toi­res de cette nature ne sont pas censés prou­ver ou désap­prou­ver le concept de l’homéo­pa­thie, mais seu­le­ment d’évaluer un trai­te­ment spé­ci­fi­que pour une per­sonne répon­dant à des condi­tions spé­ci­fi­ques). Après avoir évalué les recher­ches pré-cli­ni­ques de base et la haute qua­lité des études cli­ni­ques, le rap­port suisse a affirmé que les hautes dyna­mi­sa­tions (hautes dilu­tions) homéo­pa­thi­ques sem­blent induire des effets régu­la­teurs (c’est-à-dire des effets réé­qui­li­brants ou nor­ma­li­sants) et des modi­fi­ca­tions spé­ci­fi­ques dans les cel­lu­les ou les orga­nis­mes vivants. Le rap­port men­tionne également que 20 parmi les 22 revues sys­té­ma­ti­ques de recher­ches cli­ni­ques des­ti­nées à tester les médi­ca­ments homéo­pa­thi­ques ont au moins détecté une ten­dance en faveur de l’homéo­pa­thie [Bornhöft, Wolf, von Ammon et al. 2006]. Le rap­port suisse a trouvé un corpus par­ti­cu­liè­re­ment puis­sant de preu­ves pour confor­ter le trai­te­ment homéo­pa­thi­que des infec­tions des voies res­pi­ra­toi­res supé­rieu­res et desal­ler­gies res­pi­ra­toi­res. Le rap­port cite 29 études dans "Upper Respiratory Tract Infections /Allergic Reactions" parmi les­quel­les 24 études ont révélé un résul­tat posi­tif en faveur de l’homéo­pa­thie. De plus six études contrô­lées sur sept, qui ont com­paré les trai­te­ments homéo­pa­thi­ques avec des trai­te­ments en méde­cine conven­tion­nelle ont montré que l’homéo­pa­thie est plus effi­cace que les inter­ven­tions en méde­cine conven­tion­nelle (l’autre essai a trouvé que les trai­te­ments homéo­pa­thi­ques sont équivalents aux trai­te­ments en méde­cine conven­tion­nelle). Tous ces résul­tats obte­nus grâce à des trai­te­ments homéo­pa­thi­ques, se sont révé­lés sans les effets indé­si­ra­bles com­muns aux trai­te­ments par médi­ca­ments conven­tion­nels. Dans l’évaluation des seuls essais ran­do­mi­sés, contrô­lés contre pla­ce­bos, 12 études sur 16 ont montré un résul­tat posi­tif en faveur de l’homéo­pa­thie. Les auteurs du Rapport du Gouvernement Suisse reconnais­sent qu’une partie de l’ensem­ble de la revue des recher­ches com­pre­nait une revue néga­tive de recher­ches cli­ni­ques en homéo­pa­thie [Shang et al., 2005]. Cependant les auteurs ont noté que cette méta-ana­lyse avait été lar­ge­ment et sévè­re­ment cri­ti­quée à la fois par les défen­seurs et les adver­sai­res de l’homéo­pa­thie. Le rap­port suisse a noté que l’équipe Shang n’a même pas adhéré aux lignes direc­tri­ces QUORUM, les­quel­les sont des normes lar­ge­ment reconnues pour les rap­ports scien­ti­fi­ques [Linde, Jonas, 2005]. L’équipe Shang a ini­tia­le­ment évalué 110 essais cli­ni­ques homéo­pa­thi­ques et a ensuite tenté de les com­pa­rer avec 110 essais confron­tés avec la méde­cine conven­tion­nelle. Shang et son équipe ont déter­miné qu’il y avait 22 études homéo­pa­thi­ques de "haute qua­lité", mais seu­le­ment 9 études de "haute qua­lité" en méde­cine conven­tion­nelle. Plutôt que de com­pa­rer ces études de haute qua­lité (qui auraient montré un résul­tat posi­tif en faveur de l’homéo­pa­thie), Shang et son équipe ont créé des cri­tè­res pour igno­rer une majo­rité d’études homéo­pa­thi­ques de haute qua­lité, inven­tant ainsi un sup­port à leur hypo­thèse ori­gi­nale et aux biais consis­tant à affir­mer que les médi­ca­ments homéo­pa­thi­ques ne peu­vent pas être effi­ca­ces [Lu_dtke, Rutten, 2008]. Le rap­port suisse note aussi que David Sackett, M.D., le méde­cin cana­dien qui est lar­ge­ment consi­déré comme un des pion­niers de pointe dans "la méde­cine basée sur des preu­ves", a exprimé de sérieu­ses réser­ves à propos de ces cher­cheurs et méde­cins qui consi­dè­rent les essais ran­do­mi­sés et en double aveu­gle comme les seuls moyens de déter­mi­ner si un trai­te­ment est effi­cace ou non. Pour com­pren­dre cette affir­ma­tion, on devrait reconnaî­tre que vir­tuel­le­ment toutes les pro­cé­du­res chi­rur­gi­ca­les seraient "non scien­ti­fi­ques" ou "non prou­vées" parce que bien peu d’entre elles ont subi des essais ran­do­mi­sés en double aveu­gle. A mon point de vue, pour qu’un trai­te­ment puisse être consi­déré comme "effi­cace", ou "prouvé scien­ti­fi­que­ment", une évaluation beau­coup plus com­pré­hen­si­ble de ce qui agit et de ce qui n’agit pas est requise. Finalement, le Rapport du Gouvernement Suisse concer­nant l’homéo­pa­thie repré­sente une évaluation de l’homéo­pa­thie qui inclut une évaluation d’essais ran­do­mi­sés en double aveu­gle ainsi que d’autres corpus de preu­ves, les­quels, tous ensem­ble amè­nent le rap­port à conclure que les médi­ca­ments homéo­pa­thi­ques sont en effet, effi­ca­ces. »

Références :

  • Bornhoft G., Gudrun and Matthiessen P.F., Peter F. "Homeopathy in Healthcare : Effectiveness, Appropriateness, safety, Costs", Goslar, Springer Verlag, Germany (2011). http://rd.springer.com/book/10.1007... 642-20638-2/page/1 (Cet ouvrage est actuellement disponible auprès du Bureau allemand de l’éditeur Springer et il sera disponible via le bureau américain ainsi que chez des libraires particuliers en février 2012. N.B. Lorsque des faits spécifiques sont indiqués dans l’article précédent mais n’y sont pas référencés, ils sont extraits de cet ouvrage.
  • Bornhoft G. Wolf U., von Ammon K., Righetti M., Maxion-Bergermann S., Baumgartner S., Thurneysen A.E., Matthiessen P.F. "Effectiveness, safety and cost-effectiveness of homeopathy in general practice – summarized health technology assessment." Forschende Komplementärmedizin ; 13, Suppl. 2, pp. 19-29 (2006). http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/...
  • Dacey, Jessica "Therapy supporters roll up sleeves after vote", Swissinfo.ch, May 19 (2009). http://www.swissinfo.ch/eng/politic....
  • Linde K., Jonas W. "Are the clinical effects of homeopathy placebo effects ? " The Lancet, 36:2081-2082. doi:10.1016/S0140-6736(05)67878-6.
  • Lu_dtke R., Rutten A.L.B. "The conclusions on the effectiveness of homeopathy highly depend on the set of analysed trials", Journal of Clinical Epidemiology, October 2008. doi : 10.1016/j.jclienpi.2008.06/015. http://www.jclinepi.com/article/S08...)00190-X/abstract
  • Rist L. Schwabl H. : "Komplementärmedizin im politischen Prozess", Schweizer Bevölkerungstimmt u_ber Verfassungsartikel "Zukunft mit Komplementärmedizin" ab Forsch Komplementmed 2009, doi 10.1159/000203073. Traduction : Médecine complémentaire dans les processus politiques, la population suisse vote pour un article constitutionnel « L’avenir avec la médecine complémentaire ». http://www.ayurveda-association.eu/...

article suivant : LE FILM DU CONGRÈS DE SKOURA EST DISPONIBLE article précédent : Congrès scientifique international de Skoura (Maroc) 6, 7, 8 juin 2015